# Article SEO complet : Nivellement et déblaiement – Guide professionnel

Préparer un terrain pour la construction, l’aménagement paysager ou un projet d’infrastructure nécessite une approche méthodique et rigoureuse. Le nivellement et le déblaiement constituent les premières étapes fondamentales qui conditionnent la réussite de tout chantier. Ces opérations, loin d’être de simples travaux de terrassement basiques, requièrent une expertise technique pointue, des équipements spécialisés et une connaissance approfondie des caractéristiques géotechniques du sol. La préparation efficace d’un terrain implique non seulement de déplacer des volumes de terre, mais aussi d’analyser, de planifier et d’exécuter chaque phase avec précision pour garantir la stabilité future des ouvrages. Dans un contexte où les normes de construction se durcissent et où la gestion environnementale devient prioritaire, maîtriser les techniques modernes de terrassement représente un atout considérable pour mener à bien votre projet dans les délais et le budget impartis.

Étude géotechnique et analyse topographique préalable du terrain

Avant d’entamer tout travail de terrassement, une étude géotechnique approfondie s’impose comme une étape absolument incontournable. Cette investigation scientifique du sol permet d’identifier les caractéristiques mécaniques et physiques du terrain, d’anticiper les comportements du sol sous charge et de dimensionner correctement les fondations futures. Les professionnels du BTP savent que négliger cette phase préliminaire expose le projet à des risques majeurs : tassements différentiels, glissements de terrain, problèmes de drainage ou encore surprises coûteuses en cours de chantier. L’étude géotechnique fournit également les données essentielles pour calculer les volumes de déblais et de remblais nécessaires, optimiser les mouvements de terre et sélectionner les engins adaptés. En France, la norme NF P94-500 encadre strictement ces investigations, garantissant ainsi la fiabilité des résultats obtenus.

Carottage et sondages de reconnaissance G1 selon la norme NF P94-500

Le carottage représente la technique la plus fiable pour prélever des échantillons de sol intacts à différentes profondeurs. Ces prélèvements permettent d’analyser en laboratoire la composition exacte du terrain, sa stratification et ses propriétés mécaniques. Les sondages de reconnaissance de type G1 constituent la première phase d’une étude géotechnique complète et visent à établir un modèle géologique du site. Ces investigations incluent généralement des forages mécaniques espacés stratégiquement sur l’ensemble de la parcelle, avec des profondeurs variant de 5 à 15 mètres selon la nature du projet. Les carottes extraites révèlent la succession des couches géologiques, la présence éventuelle de nappes phréatiques et les zones de résistance variable. Cette cartographie précise du sous-sol permet aux ingénieurs de concevoir des solutions de terrassement adaptées et d’anticiper les difficultés potentielles comme la présence de roches dures nécessitant un brise-roche hydraulique ou de sols compressibles exigeant des techniques de renforcement spécifiques.

Relevé altimétrique au théodolite et scanner laser 3D

La topographie du terrain conditionne directement la stratégie de nivellement à adopter. Le relevé altimétrique utilise des instruments de précision comme le théodolite électronique ou, plus récemment, le scanner laser 3D qui offre une précision millimétrique sur l’ensemble du site. Ces technologies permettent de générer un modè

lisation numérique du terrain (MNT) extrêmement détaillé. À partir de ce modèle, le géomètre peut calculer avec précision les pentes existantes, les points hauts et bas, ainsi que les volumes de terre à déplacer pour atteindre le projet fini. Le scanner 3D est particulièrement pertinent sur les sites complexes (zones industrielles, emprises urbaines étroites, talus existants), où une simple cane de nivellement serait insuffisante. Ces relevés altimétriques sont ensuite intégrés dans des logiciels de CAO/DAO ou de modélisation BIM pour simuler différents scénarios de nivellement et optimiser le terrassement en amont.

Analyse granulométrique et identification des couches pédologiques

Parallèlement aux sondages G1, l’analyse granulométrique permet de déterminer la répartition des différentes tailles de particules (argiles, limons, sables, graviers) dans chaque horizon de sol. Cette étude pédologique est essentielle pour anticiper le comportement du terrain en phase de terrassement et d’exploitation : sensibilité à l’eau, risque de retrait-gonflement, capacité de compactage, portance sous trafic. En pratique, les échantillons prélevés sont passés au tamis et au sédimentomètre en laboratoire, puis interprétés selon les classifications usuelles (GTR, NF P11-300, etc.).

Identifier précisément les couches pédologiques permet aussi de distinguer la terre végétale de qualité, à mettre en dépôt pour un futur réemploi paysager, des matériaux stériles ou pollués à diriger vers des filières spécifiques. Sur un projet de nivellement de plateforme logistique, par exemple, la connaissance fine de ces couches évite de mélanger une argile sensible à l’eau avec un remblai structurel, ce qui compromettrait la stabilité à long terme. Vous l’aurez compris : un bon diagnostic en amont simplifie énormément les choix de matériaux de remblai et les techniques de compactage à mettre en œuvre.

Détection des réseaux enterrés avec géoradar et plans des concessionnaires

Avant le premier coup de godet, la localisation des réseaux enterrés constitue une étape de sécurité incontournable. Les plans fournis par les concessionnaires (eau, gaz, électricité, télécoms, assainissement) donnent une première indication, mais ils restent parfois imprécis ou obsolètes. Pour fiabiliser ces données, les entreprises spécialisées utilisent des technologies comme le géoradar ou les détecteurs électromagnétiques, capables de repérer des conduites métalliques ou plastiques, des câbles et parfois même des cavités.

La détection des réseaux enterrés permet d’ajuster le projet de terrassement : modification des pentes, création de zones de protection, mise en œuvre de blindages spécifiques. Elle réduit drastiquement le risque d’arrachement d’une conduite de gaz ou de coupure électrique majeure, incidents toujours coûteux en retards et potentiellement dangereux pour les équipes. Dans certains cas, il sera plus pertinent de dévier un réseau avant le nivellement massif du terrain ; dans d’autres, on adaptera le profil en long pour conserver une couverture de terre suffisante au-dessus des conduites existantes.

Techniques de terrassement et engins de chantier adaptés

Une fois l’étude géotechnique et la topographie finalisées, vient le temps de choisir les techniques de terrassement et les engins de chantier adaptés. Ce choix ne se limite pas à une simple question de puissance ou de taille des machines : il doit intégrer la nature du sol, les contraintes d’accès, le planning et le budget. Un terrassement bien pensé associe souvent plusieurs engins complémentaires, chacun intervenant à une étape précise pour optimiser le nivellement et le déblaiement du terrain. L’objectif ? Obtenir une plateforme stable, au bon niveau, avec le minimum de mouvements de terre superflus.

Pelle hydraulique caterpillar et chargeuse sur chenilles pour l’excavation

La pelle hydraulique demeure la reine du terrassement. Sur chenilles ou sur pneus, une pelle Caterpillar de 20 à 35 tonnes offre un excellent compromis entre puissance d’excavation, précision et mobilité sur chantier. Elle est idéale pour les travaux d’excavation en masse, le creusement de fouilles de fondations, la création de fossés ou la mise en place des remblais. Grâce à la variété des godets (tranchée, terrassement, curage), on adapte l’outil à la tâche et au type de matériau, ce qui améliore la productivité et limite la dégradation du sol en place.

La chargeuse sur chenilles, de son côté, excelle dans le déplacement rapide des matériaux sur de courtes distances et dans le chargement des camions. Ses chenilles offrent une excellente répartition des charges, ce qui limite les ornières sur les sols meubles ou humides. Sur un projet de nivellement de terrain agricole ou de plateforme industrielle, l’association pelle hydraulique + chargeuse sur chenilles permet de gérer efficacement les zones de déblai et de remblai, tout en préservant la structure du sol porteur.

Bulldozer à lame orientable pour le décapage de la terre végétale

Le décapage de la terre végétale constitue généralement la première intervention mécanique sur le terrain. Le bulldozer, équipé d’une lame orientable, est particulièrement adapté à cette opération de « peaufinage » en grande largeur. Il permet de décoller la couche fertile sur 20 à 40 cm d’épaisseur, de la pousser en andains et de la stocker dans des zones spécifiques pour un réemploi futur. Cette terre végétale de qualité sera ensuite réétalée en fin de chantier sur les talus, zones paysagères ou emprises de voirie douce.

Au-delà du décapage, le bulldozer est un excellent outil pour ébaucher le profil général du terrain, surtout sur de grandes surfaces à pente douce. Sa lame inclinable facilite la création de pentes régulières et la correction des bosses ou creux avant le passage de la niveleuse. Vous pouvez le voir comme un « rabot grossier » qui prépare le terrain aux opérations de nivellement de précision.

Niveleuse automotrice komatsu pour le reprofilage des plateformes

Lorsque vient le moment d’atteindre la cote finale de la plateforme, la niveleuse automotrice prend le relais. Les modèles Komatsu modernes sont souvent équipés de systèmes de guidage 2D ou 3D (laser, GPS, stations totales robotisées) qui permettent de suivre au centimètre près le projet numérique élaboré par le géomètre. La lame centrale, réglable en hauteur, en inclinaison et en orientation, offre une grande finesse de reprofilage, indispensable pour respecter les tolérances de planéité exigées sur les projets industriels ou routiers.

La niveleuse excelle dans la création de pentes longitudinales et transversales régulières, essentielles pour le bon écoulement des eaux pluviales. Sur un chantier de nivellement de parking ou de plateforme logistique, elle intervient après les engins de terrassement en masse pour ajuster les derniers centimètres et garantir une épaisseur de couche de forme homogène avant le compactage. C’est un peu l’équivalent, à grande échelle, de la règle de maçon que vous utiliseriez pour tirer une chape.

Compacteur à cylindre vibrant et plaque vibrante bomag

Sans compactage, pas de stabilité durable. Le compacteur à cylindre vibrant (ou compacteur monocylindre) est l’outil de référence pour densifier les couches de remblai sur de grandes surfaces. Les modèles Bomag, très répandus, offrent différents modes de vibration et de fréquence permettant d’ajuster l’énergie de compactage à la nature du matériau (grave, tout-venant, sable, limon). Plus le compactage est homogène, moins vous aurez de risques de tassement différentiel sous une future dalle ou sous un enrobé.

Pour les zones difficiles d’accès, les tranchées ou les abords de fondations, on complète ce dispositif par des plaques vibrantes ou pilonneuses, également proposées par Bomag. Ces équipements légers permettent de travailler au plus près des parois ou dans les angles, là où un gros compacteur ne peut pas intervenir. Travailler par couches successives de 20 à 30 cm, avec un nombre de passes adapté, reste la règle d’or pour obtenir une portance suffisante et un nivellement de terrain vraiment durable.

Calcul des cubatures de déblai-remblai et mouvement des terres

Un nivellement et déblaiement professionnels ne se résument pas à « enlever de la terre ici et en mettre là ». Le calcul des cubatures de déblai-remblai permet de quantifier précisément les volumes à déplacer, d’optimiser les mouvements de terres internes au chantier et de limiter les coûts d’évacuation ou d’apport extérieur. Une bonne stratégie vise à équilibrer au maximum les déblais et remblais sur site, afin de réduire l’empreinte carbone liée aux transports et de maîtriser le budget.

Méthode des profils en travers et logiciel covadis pour le métré

La méthode traditionnelle de calcul des volumes repose sur les profils en travers : on découpe le terrain en sections perpendiculaires à l’axe principal du projet, puis on compare les surfaces de terrain naturel et de terrain projeté sur chaque profil. La cubature de déblai-remblai résulte de l’intégration de ces surfaces le long du tracé. Cette approche, longtemps réalisée à la main, est aujourd’hui largement automatisée grâce à des logiciels spécialisés comme Covadis, très utilisé en France par les bureaux d’études VRD.

En important le modèle numérique de terrain (MNT) existant et le projet de plateforme, Covadis génère des profils en travers, calcule les volumes par zone et distingue les déblais « réutilisables » des matériaux à mettre en décharge. Cette précision permet d’anticiper les besoins en camions, en engins de terrassement et en zones de stockage temporaires. Pour un simple nivellement de terrain de 2 000 m², la différence entre une estimation approximative et un métré rigoureux peut représenter plusieurs dizaines de mètres cubes, donc plusieurs milliers d’euros.

Optimisation du coefficient de foisonnement et du taux de compactage

Lorsque vous déplacez un sol en place, vous modifiez son état de compacité. À l’extraction, le matériau se « détend » et augmente de volume : c’est le foisonnement. À l’inverse, lors du compactage en remblai, son volume diminue par rapport à l’état foisonné. Pour bien dimensionner vos cubatures de déblai-remblai, il est donc indispensable de maîtriser les coefficients de foisonnement et de compactage pour chaque type de matériau (grave, argile, limon, roche).

Concrètement, cela signifie qu’un mètre cube de terrain en place n’équivaut pas à un mètre cube en décharge ni à un mètre cube de remblai compacté. Par exemple, une grave naturelle peut présenter un coefficient de foisonnement de 1,15 et un taux de compactage de 0,95. En optimisant ces paramètres, le bureau d’études ajuste les volumes prévus et évite les mauvaises surprises : manque de remblai pour atteindre le niveau fini, ou au contraire excédent important à gérer. C’est un peu comme prévoir la bonne quantité de béton en tenant compte des pertes et de la vibration.

Gestion des excédents terreux et filières de valorisation ISDI

Lorsque l’équilibre déblai-remblai n’est pas possible, le chantier génère des excédents de matériaux terreux à évacuer. En France, ces terres sont orientées vers des Installations de Stockage de Déchets Inertes (ISDI) ou, mieux encore, vers des filières de valorisation (remblais de carrières, aménagements paysagers, remblais routiers). La réglementation impose de caractériser les matériaux (analyses, attestations) afin de vérifier qu’ils sont compatibles avec la filière choisie et ne présentent pas de risques de pollution.

Une gestion intelligente des excédents consiste à séparer, dès le terrassement, les matériaux propres et homogènes des terres hétérogènes ou potentiellement polluées. Les premières pourront être valorisées ou réutilisées sur d’autres chantiers, réduisant ainsi les coûts de mise en décharge. Les secondes seront dirigées vers des ISDI appropriées. Anticiper ces aspects dès la phase d’étude vous permet de sécuriser vos filières d’évacuation, éviter les blocages en cours de chantier et optimiser globalement le coût du nivellement de terrain.

Drainage et évacuation des eaux pluviales sur plateforme nivelée

Un terrain parfaitement nivelé mais mal drainé deviendra rapidement un problème : stagnations d’eau, affouillements, dégradation prématurée des revêtements, infiltrations vers les fondations. Le drainage et l’évacuation des eaux pluviales doivent donc être pensés en parallèle du projet de déblaiement et de nivellement, et non en fin de chantier. Il s’agit de capter, canaliser et, si possible, infiltrer les eaux de ruissellement sans créer de nuisances pour le voisinage ni pour l’environnement.

Système de cunettes périphériques et fossés à ciel ouvert

Sur de grandes plateformes ou en milieu rural, les cunettes périphériques et les fossés à ciel ouvert restent des solutions simples et efficaces pour gérer les eaux pluviales. Ces ouvrages linéaires, réalisés en terre ou en matériaux stabilisés, recueillent les eaux issues des pentes de la plateforme et les dirigent vers un point de rejet ou un ouvrage de rétention. Leur dimensionnement dépend de la surface contributive, de la pluviométrie locale et de la pente disponible.

Bien conçus, les fossés jouent un double rôle : hydraulique, en évitant le ruissellement désordonné sur le terrain nivelé ; et géotechnique, en abaissant localement la ligne piézométrique et en limitant la saturation des talus. Sur un terrain en pente, on aménagera souvent des fossés en pied de talus, éventuellement renforcés par des enrochements ou des géotextiles, pour prévenir les phénomènes d’érosion. C’est un peu l’équivalent, à l’échelle du chantier, des gouttières autour de votre toiture.

Installation de drains agricoles type pehd et géotextile filtrant

Lorsque le sol présente une faible perméabilité ou que la nappe phréatique affleure, les drains enterrés deviennent indispensables. Les drains agricoles en polyéthylène haute densité (PEHD), perforés et posés en tranchée, permettent de collecter l’eau dans les horizons les plus humides et de l’évacuer vers un exutoire. Ils sont généralement enveloppés d’un géotextile filtrant qui empêche les fines particules de colmater les perforations, garantissant ainsi la pérennité du système.

Sur une plateforme nivelée destinée à recevoir des bâtiments, des voiries ou des aires de stationnement, ces drains jouent un rôle clé dans la stabilisation du sol et la protection des fondations. Leur tracé doit être étudié en lien avec la topographie finale et les points bas du projet. Une erreur fréquente consiste à poser des drains sans pente suffisante ou sans exutoire clairement identifié : l’eau collectée stagne alors dans le réseau, avec l’effet inverse de celui recherché.

Regard de décantation et bassin de rétention des eaux de ruissellement

Les eaux de ruissellement issues d’un terrain nivelé peuvent contenir des sédiments, des hydrocarbures ou d’autres polluants, surtout en phase chantier. Les regards de décantation permettent de piéger une partie de ces matières avant le rejet vers le milieu naturel ou le réseau public. Ils constituent souvent le premier maillon d’une chaîne de traitement simple mais efficace, associant décantation, filtration et, le cas échéant, séparation des hydrocarbures.

Lorsque la surface imperméabilisée est importante et que le réseau public ne peut pas absorber tous les débits de pointe, la création d’un bassin de rétention (ou d’infiltration) s’impose. Ce bassin, dimensionné selon les pluies de projet, stocke temporairement les eaux et les restitue progressivement, soit par infiltration dans le sol, soit par un débit régulé vers l’aval. Intégrer cet ouvrage dès la conception du projet de nivellement vous évitera d’avoir à « bricoler » une solution d’urgence une fois les plateformes et voiries déjà réalisées.

Compactage différentiel et contrôle de portance du sol

Un terrain peut sembler parfaitement plat à l’œil nu, tout en présentant des zones de faiblesse sous la surface. C’est là qu’intervient la notion de compactage différentiel et de contrôle de portance. L’objectif n’est pas seulement d’obtenir une belle surface, mais de garantir une capacité portante homogène sur toute l’emprise du projet. Sans cela, vous risquez de voir apparaître, à terme, des fissures, des ornières ou des affaissements localisés, surtout sous les charges roulantes ou les structures lourdes.

Essai proctor modifié et détermination de l’OPM en laboratoire

L’essai Proctor modifié est la référence pour déterminer, en laboratoire, la relation entre la teneur en eau d’un matériau et sa densité sèche maximale obtenue par compactage. L’Optimum Proctor Modifié (OPM) correspond à la combinaison idéale entre teneur en eau et densité sèche, c’est-à-dire au point où le matériau atteint sa compacité maximale pour un effort donné. Connaître cet optimum permet de définir les conditions de mise en œuvre et de compactage sur chantier : humidification, nombre de passes, type de compacteur.

En pratique, viser un compactage proche de 95 à 98 % de la densité Proctor modifiée est un standard pour les couches de forme et les remblais sous voirie ou dallage. Cela signifie que le terrain nivelé n’est pas seulement « bien tassé », mais qu’il atteint une performance mesurable, reproductible et conforme aux normes en vigueur. C’est un peu l’équivalent de vérifier la résistance d’un béton plutôt que de se fier uniquement à son aspect en surface.

Mesure de densité au densitomètre à membrane et gamma-densimètre

Pour vérifier sur le terrain que le niveau de compactage obtenu est conforme aux objectifs définis par l’essai Proctor, on utilise des appareils de mesure in situ. Le densitomètre à membrane (ou à sable) permet d’évaluer la densité apparente d’une couche en mesurant le volume d’un trou et la masse de matériau extrait. Le gamma-densimètre, plus sophistiqué, utilise des rayonnements gamma pour mesurer directement la densité et la teneur en eau du sol sans extraction d’échantillon.

Ces contrôles ponctuels, réalisés sur un maillage représentatif de la plateforme, mettent en évidence les zones sous-compactées qui nécessitent des passes supplémentaires de compacteur. Ils permettent aussi de détecter des hétérogénéités de matériaux ou de teneur en eau susceptibles d’engendrer un compactage différentiel. Pour un nivellement de terrain destiné à recevoir une structure importante (bâtiment industriel, voirie lourde), ces mesures sont indispensables si vous souhaitez limiter les risques de désordres futurs.

Test à la plaque de charge selon NF P94-117-1 pour module EV2

Au-delà de la densité, il est souvent nécessaire de vérifier la déformabilité du sol compacté. Le test à la plaque de charge, conforme à la norme NF P94-117-1, consiste à appliquer progressivement une charge sur une plaque circulaire posée sur le sol et à mesurer les tassements correspondants. On en déduit le module de déformation EV2, qui caractérise la rigidité de la couche testée. Plus EV2 est élevé, plus la portance est importante et moins le sol se déformera sous les charges de service.

Ce test est particulièrement utilisé pour les couches de forme sous chaussées, les plateaux industriels et les plateformes logistiques. Il offre une mesure directe de la capacité du terrain nivelé à supporter des charges répétées de véhicules ou d’engins de manutention. Intégrer ces essais de plaque de charge dans votre plan de contrôle qualité vous permet de valider objectivement la qualité du terrassement avant de poursuivre avec les couches de structure (grave, enrobé, béton, etc.).

Sécurisation du chantier et réglementation des travaux de terrassement

Les opérations de nivellement et de déblaiement exposent les équipes à de nombreux risques : éboulement de fouilles, renversement d’engins, heurts avec des réseaux enterrés, circulation d’engins lourds à proximité des riverains. La sécurisation du chantier ne se résume pas à quelques panneaux de signalisation : elle repose sur un cadre réglementaire précis et sur une organisation rigoureuse. Respecter ces exigences est non seulement une obligation légale, mais aussi un gage de sérieux et de maîtrise technique.

Déclaration d’intention de commencement de travaux auprès de la mairie

Pour tout chantier de terrassement significatif, une Déclaration d’Intention de Commencement de Travaux (DICT) doit être déposée auprès des exploitants de réseaux concernés, généralement via un téléservice dédié (ex : guichet unique). Parallèlement, certaines communes demandent une information ou une autorisation spécifique lorsque les travaux impactent la voirie publique ou les abords. Ces démarches permettent de signaler le projet, de recueillir les plans à jour des réseaux et de définir les précautions à prendre.

Ne pas respecter ces obligations, c’est s’exposer à des sanctions administratives et, surtout, à des accidents potentiellement graves en cas d’arrachement de conduites. Dans le cadre de nivellement de terrain en zone urbaine, par exemple, la DICT est un passage obligé pour coordonner les interventions avec les différents concessionnaires et limiter les interruptions de service. Pour vous, maître d’ouvrage, c’est aussi un moyen de sécuriser votre responsabilité en cas d’incident.

Plan particulier de sécurité et de protection de la santé PPSPS

Sur les chantiers importants, notamment lorsqu’ils impliquent plusieurs entreprises, l’élaboration d’un Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé (PPSPS) est obligatoire. Ce document, rédigé par l’entreprise principale ou le coordonnateur SPS, recense l’ensemble des risques liés aux travaux de terrassement et de nivellement : circulation des engins, travail en fouilles, manutentions, coactivité, bruit, poussières, etc. Il définit les mesures de prévention à mettre en place, les consignes de secours et les équipements de protection individuelle requis.

Le PPSPS est un outil vivant, mis à jour au fil de l’avancement du chantier. Il sert de base aux briefings sécurité, aux visites d’inspection et aux contrôles internes. En pratique, un nivellement de terrain conduit sans véritable plan de prévention multiplie les situations dangereuses : engins circulant à contre-sens, piétons exposés aux charges en mouvement, absence de blindage dans les tranchées profondes. Prendre ces sujets au sérieux dès le départ, c’est réduire fortement la probabilité d’accidents et d’arrêts de chantier.

Gestion des risques d’éboulement et talutage avec géotextile armé

Les risques d’éboulement concernent aussi bien les talus provisoires en phase de terrassement que les pentes définitives du projet. La stabilité d’un talus dépend de nombreux paramètres : nature du sol, hauteur, pente, présence d’eau, surcharge en tête, vibrations dues aux engins, etc. Lorsque les conditions sont défavorables, il est indispensable de recourir à des solutions de talutage adapté, de blindages ou de soutènements provisoires. Le simple « talus à 45° » ne suffit pas toujours.

Les géotextiles et géogrilles armés offrent aujourd’hui des solutions performantes pour renforcer les talus et limiter les risques de glissement. En combinant des couches de remblai compacté et des nappes de renforcement, on crée une structure composite capable de reprendre des efforts importants. Ces techniques sont particulièrement utiles pour les remblais de grande hauteur, les remblais en limite de propriété ou les terrains en pente que l’on doit reprofiler sans empiéter sur les parcelles voisines. Là encore, une bonne anticipation et une conception sérieuse vous éviteront de devoir reprendre d’urgence un talus qui se fissure ou s’affaisse après la première grosse pluie.